Les chats ne font pas des chiens
Ce dimanche 22 Mars 2009, l’Allianza nacional de Gianfranco Fini, l’auto-proclamé « post-fasciste », fusionne avec Forza Italia du « buffone » Berlusconi pour former le popolo della liberta. Tout en voulant se présenter comme le nouveau parti de centre-droit, la composition de la coalition réunie autour du « buffone » Berlusconi fait planer l’ombre des chemises noires sur ses orientations idéologiques.
Depuis ses premiers pas en politique, Berlusconi à toujours su négocier des relations spéciales avec les représentants de la droite nostalgique. Umberto Bossi de l’ancienne Lega Nord, formation politique ouvertement xénophobe est un allier de la première heure, tout comme Alessendra Mussolini. La digne héritière de son grand-père le Duce, siège au parlement européen comme indépendant depuis qu’elle a été désavouée par ses amis du groupe Identité, Tradition et Souveraineté pour avoir tenu des propos racistes envers ses collègues roumains d’extrême droite.
Le « nazisme rouge né de l’alliance entre banquiers et francs-maçons [qui] tient l’Europe avec le lobby des gays »U. Bossi
Allianza Nacional, est le fruit du relooking du MSI (Movimento sociale italiano). Le vieux parti fasciste créé à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale n’était plus assez fréquentable pour jouer un rôle acceptable sur la scène politique italienne. La transformation du MSI était devenue inévitable pour développer un soutien crédible aux ambitions du « cavalieri ».
« Mussolini n’a jamais tué personne ! Tout au plus, il se contentait d’envoyer des opposants en vacances… » S. Berlusconi
L’Italie n’a jamais exorcisé ses démons fascistes hérités de la période mussolinienne. La société est polarisée entre des mouvements progressistes et antifascistes et d’autre part une tentation autoritaire soutenue par une bourgeoisie fortement réactionnaire et conservatrice. Dans ce cadre Berlusconi a trouvé sa place tout naturellement à droite avec le soutien des nostalgiques qui rêvent du retour des chemises noires et de l’ordre moral.
L'ex capitaine de la Lazio, Paulo Di Canio affiche publiquement sa sensibilité aux idées de l'extrême-droite - http://www.lesdessousdusport.fr/le-gardien-du-milan-ac-fasciste-assume-1801
« Nous devons être conscients de la supériorité de notre civilisation, un système qui a garanti le bien-être, le respect des droits de l’Homme et – au contraire des pays musulmans – le respect des droits religieux et politiques » S. Berrlusconi
Mais, « Sua émittenza » n’a jamais fait de politique, il n’a pour seul intérêt que lui même et certainement qu’il s’amuse de voir autant de gens votés pour lui permettre de continuer de s’enrichir avec le travail et la crédulité des Italiens. Pour atteindre ses objectifs Berlusconi sait aussi ratissé large en obtenant le soutien de partis comme: le partie des retraités ; la démocratie chrétienne pour les autonomies ; le nouveau parti socialiste italien ; le parti républicain italien ; Forza Paris (parti sarde)… Ce regroupement peut paraître au premier abord hétéroclite. Mais ils se retrouvent tous sur un programme minimum comprenant les valeurs de l’Église catholique romaine et leur haine commune pour les communistes, les socialistes, les écologistes, tous accusés de dévoyer la jeunesse et de menacer les fondements de la société italienne. Avec ça, on peut ajouter un programme économique simpliste taillé sur mesure pour protéger les bénéfices de la holding « Fininvest » des poursuites judiciaires entamée depuis 1991.
Plus significatif encore, ce qui caractérise fondamentalement les mouvements fascistes principalement en Italie, c’est l’interpénétration entre politique, affairisme et banditisme (maffia). Berluconi n’est pas en reste puisqu’il fut mouillé dans l’affaire de la loge P2. La justice aimerait aussi l’entendre pour une affaire de corruption et de faux témoignage. Une affaire pour laquelle Berlusconi s’est fait voter une loi d’immunité taillée sur mesure pour le protégé. Par ailleurs, La « Fininvest », sa société principale est aussi mise en cause dans une affaire de droit de retransmission via une autre société du groupe Berlusconi : « Médiaset ». Enfin depuis 1997, la justice espagnole s’intéresse aussi aux affaires du « cavalieri », pour une question de fraude fiscale de la chaine de télévision « Telecinco » et Berlusconi se fait taillé une nouvelle loi sur mesure en 2008 pour garantir son immunité.
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Les groupes politiques au parlement européen (extrait) mars 2008 |
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| PPE – Partis Populaires Européens (droite catholique) | ||
| Italie | Forza Italia (Berlusconi) | |
| DC (Democrazia Cristiana) | ||
| Partito Pensionati | ||
| Belgique |
CDH (Chrétien Démocrate Humaniste) |
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CD&V ( Vlaamse christen-democratische) |
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| France |
UMP (Sarkozy) |
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Le Nouveau Centre (Hervé Morin) |
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| Allemagne | CDU (Christlich Demokratische Union) | |
| CSU (Christlich-Soziale Union in Bayern) | ||
| Autriche | OVP (Österreichische Volkspartei ) | |
| Espagne | PP (Partido Popular) | |
| ALDE – Alliance Libérale Démocrate Européen (droite libérale) | ||
| Italie | PD (Partito Democratico) | |
| Belgique |
MR (Mouvement Réformateur) |
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| Open-VLD ( Open Vlaamse Liberalen en Democraten ) | ||
| UEN – Union pour l’Europe des nations (droite extrême) | ||
| Italie | Allianza Nacionale (gianfranco Fini) | |
| Lega Nord (Umberto bossi) | ||
Ce tableau est un extrait de la composition de certains groupes parlementaires au sein du parlement européen pour illustrer la recomposition de la droite européenne avec la création de popolo della liberta (PdL).

European ellection 2009 : Ellection night - http://www.eppgroup.eu/Press/photogallery/en/pg_showcat.asp?cat_id=469
Jusqu’à présent, les différentes tendances de la droite réactionnaire et de la démocratie chrétienne se répartissent entre divers groupes au sein du parlement européen.
Avec la création du popolo della liberta, Berlusconi crée un volumineux parti de droite qui va modifier les rapports de force au sein de la Communauté Européenne. Le nouveau parti de Berlusconi en intégrant Allianza Nacionale et la Liga Nord, va permettre aux représentants de ces partis d’extrême droite de rejoindre le très respectable groupe des partis populaires (PPE). Par ailleurs, le Partito Democratico devrait également intégrer la nouvelle formation de Berlusconi. Tous ces changements ont deux conséquences, d’une part, renforcé la position de l’Italie dans le PPE et d’autre part, augmenté les effectifs du PPE par rapport aux autres groupes politiques européens renforçant sa position dominante dans le paysage politique du parlement européen.
Il reste qu’avec ses amis de l’extrême droite, le Popolo della Liberta ne sera jamais un parti de centre droit, il se positionne beaucoup plus clairement comme un parti populiste à tendance xénophobe avec un fort relent traditionaliste chrétien. Il y a encore une question subsidiaire : comment les autres formations politiques composant le PPE vont-elles réagir à la venue de leur nouvel ami italien ? CDH, CD&V en Belgique, CDU en Allemagne ou parti conservateur en Angleterre, pour ne citer qu’eux, sont des partis avec des tendances progressistes et sociales. Il n’est pas impossible que l’on assiste à des recompositions d’alliances au sein du groupe du PPE.
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La Revue de presse italienne NOUVELOBS.COM 23.03.2009
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/revues_de_presse/20090323.OBS0148/la_revue_de_presse_italienne.html
Italie: la droite se dissout et fusionne avec le parti de Berlusconi
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iqGuioSJIL8cUGS-o71TEsXJf5KQ
L’Alliance nationale de Gianfranco Fini rejoint le parti de Silvio Berlusconi
http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/03/23/l-alliance-nationale-de-gianfranco-fini-rejoint-le-parti-de-silvio-berlusconi_1171469_3214.html
Italie : Gianfranco Fini achève son intégration Berlusconienne
http://fr.novopress.info/?p=16078
L’Alliance Nationale se saborde
http://www.rfi.fr/actufr/articles/111/article_79449.asp
Fini liquida el posfascismo italiano y se une a Berlusconi (es)
http://www.elpais.com/articulo/internacional/Fini/liquida/posfascismo/italiano/une/Berlusconi/elpepuint/20090323elpepiint_5/Tes
En Italie, les postfascistes ont fait leur mue (1998)
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/05/RAFFONE/10464
The Economist: Berlusconi ovvero “il ritorno del buffone” (it)
http://vistidalontano.blogosfere.it/2008/04/the-economist-berlusconi-ovvero-il-ritorno-del-buffone.html
Return of the jester (en)
http://www.economist.com/world/europe/displaystory.cfm?story_id=11022014
Tout Berlusconi dans la presse internationale : Visti Da Lontano – L’italia lette con la lente della stampa estera (it)
http://vistidalontano.blogosfere.it/
Résumé de la coalition réunie autour de Berlusconi : Berlusconi : les liaisons dangereuses
http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2006/04/11/1681909.html
Un parti fasciste subventionne les naissances de petits Benito
http://archives.24heures.ch/VQ/LAUSANNE/-/article-2008-11-3006/italie—le-msi-flamme-tricolore-tente-de-remettre-le-prenom-de-mussolini-au-gout-du-jour
Le retour des « Chemises vertes »
http://hebdo.nouvelobs.com/p2204/articles/a331878-le_retour_des_%C2%AB_chemises_vertes_%C2%BB.html
Alessandra Mussolini trop xénophobe pour ses collègues d’extrême-droite
http://www.liberation.fr/actualite/010117604-alessandra-mussolini-trop-xenophobe-pour-ses-collegues-d-extreme-droite
Crise – Berlusconi suggère aux Italiens de travailler plus dur
http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLO62064120090324
Les groupes politiques dans le parlement européen
http://www.europarl.europa.eu/groups/default_fr.htm
photo: Paolo Di Canio,
A. Mussolini à poile dans le playboy de août 1983 édition italienne… ![]()
http://www.pbcovers.com/pbcovers.php?c=it&y=1983&cover=it_198308
http://isidoro3.interfree.it/mussolini.htm


